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ÉVALUATION DU POTENTIEL À L’EXPORTATION DU MANIOC CÔTE D’IVOIRE - 2013

lundi 25 novembre 2013 , par Ministère du Commerce

Ce rapport évalue le potentiel d’exportation à travers l’analyse des performances à l’exportation de la CEDEAO, et plus spécifiquement de la Côte d’Ivoire pour le manioc et ses produits dérivés (SH- 071410, SH-110620, SH-110814, SH-190300), ainsi que les tendances de la demande sur le marché mondial. Il identifie le potentiel des marchés attractifs sur la base d’indicateurs du commerce.
Le marché du manioc se caractérise par une demande en croissance régulière depuis 2007 (+14,3% par an), portée par l’Asie et notamment la Chine, l’Indonésie et le Taipei chinois.

La consommation du manioc en tant que composant de l’alimentation humaine est largement répandue en Afrique centrale et dans quelques pays de l’Afrique de l’Ouest. Toutefois, la consommation du manioc pourrait s’accroître à l’échelle mondiale en raison de l’utilisation croissante de l’amidon de manioc dans le cadre de l’industrie (…) et dans le domaine des biocarburants.

Depuis le début des années 2000, la production de manioc n’a cessé de s’accroître pour atteindre une production record de 252 millions de tonnes. La production mondiale est dominée par le continent africain, mais le manioc est avant tout commercialisé par le continent asiatique, dont les exportations ont progressé de 17,3% en valeur par an depuis 2007, contre 11,2% pour la CEDEAO. Les produits les plus exportés à l’échelle internationale sont les racines de manioc et la fécule de manioc, dont les exportations en valeur dépassent le milliard de dollars pour chacun, contribuant ainsi, respectivement, à 52% et 42% de la valeur totale exportée pour l’ensemble du groupe de produits.

La CEDEAO et plus particulièrement la Côte d’Ivoire, exportent vers l’Europe où elles entrent en concurrence avec les producteurs asiatiques et latino-américains, mais où elles bénéficient d’avantages tarifaires et de distance par rapport aux concurrents. La CEDEAO exporte principalement de la farine et de la semoule de manioc, une tendance qui s’est confirmée en 2011, mais dont le principal fournisseur est le Ghana. En revanche la région est importatrice nette de fécule de manioc.
Concernant la Côte d’Ivoire, les exportations en valeur de racines et de fécule de manioc ont décliné, et leur part dans les exportations du groupe de produits (cf. ci-dessus pour la liste des produits) est faible. A l’inverse, le tapioca est davantage exporté par la Côte d’Ivoire, et c’est également le premier produit exporté parmi les quatre produits étudiés. Du côté des importations, la Côte d’Ivoire s’approvisionne très peu en produits dérivés du manioc.

Les marchés européens se révèlent attractifs pour les exportations ivoiriennes, notamment pour les exportations de racines de manioc, tandis que les autres marchés africains ont été identifiés comme attractifs pour les exportations de farine et de fécule de manioc. Concernant les exportations de tapioca, la Côte d’Ivoire devrait aussi bien cibler les marchés africains de la CEDEAO tout comme certains pays européens tels que la France, qui est un importateur important à l’échelle mondiale.

Pour ce faire, la Côte d’Ivoire devra surmonter des obstacles liés à la chaîne de valeur du manioc. L’utilisation de variétés améliorées, notamment, permettra d’augmenter les rendements du manioc en tonnes par hectare et de s’aligner, voire de dépasser les autres pays de la CEDEAO. Parallèlement, la mécanisation de certaines étapes du processus de transformation évitera les éventuels goulets d’étranglement suite à l’augmentation des rendements. Enfin, il est nécessaire aux exportateurs ivoiriens de se conformer aux exigences techniques européennes afin de préserver ou de renforcer les échanges avec les pays de l’Union Européenne.