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ÉVALUATION DU POTENTIEL À L’EXPORTATION DES NOIX DE CAJOU - CÔTE D’IVOIRE

lundi 25 novembre 2013 , par APEX-CI | Association pour la Promotion des Exportations de Côte d’Ivoire

Ce rapport évalue le potentiel à l’exportation de la noix de cajou en coques et sans coques (SH- 080131, SH-080132) exportée par la Côte d’Ivoire à travers l’analyse des tendances de la demande sur le marché mondial et des performances à l’exportation et prenant en compte les conditions d’accès aux marchés au niveau tarifaires et non-tarifaire. L’étude évalue ensuite les perspectives de développement de la compétitivité des entreprises ivoiriennes dans le secteur de l’anacarde. Enfin, la fiche évalue les opportunités de diversification de marchés en identifiant les marchés attractifs et les possibilités de diversification de produits qui permettraient d’exporter à des produits à plus forte valeur ajoutée à base de noix de cajou.

La production ivoirienne de noix de cajou connaît une croissance importante depuis une dizaine d’années. De 2003 à 2011, la production est passée de 84 800 tonnes à 452 600 tonnes, faisant de la Côte d’Ivoire le deuxième producteur africain et le quatrième au niveau mondial. Longtemps planté dans le nord de la Côte d’Ivoire pour combattre l’avancée du désert, l’anacardier pourrait bien servir aujourd’hui à lutter contre la pauvreté dans la partie la plus déshéritée du pays. Non plus avec son bois, largement utilisé depuis les années 1960, mais grâce à sa noix de cajou qui, en une décennie, s’est imposée comme une alternative viable au coton, culture de rente traditionnelle de la région.

La Côte d’Ivoire est le 1er exportateur mondial de noix de cajou en coques en quantité avec des exportations approchant les 300 000 tonnes en 2012 et une valeur de plus de 250 millions de dollars et a connu une forte croissance de ses exportations sur la période 2008 à 2012 (11% par an). Le produit représente 2,9% des exportations totales en valeur de la Côte d’Ivoire en 2012 ce qui le place au 6ème rang des produits exportés (au niveau SH-6) après le cacao, le caoutchouc et les huiles de pétrole, et avant le coton.

La demande mondiale de noix de cajou en coques se caractérise par une forte croissance régulière depuis 2007 (+36% de croissance annuelle). La Côte d’Ivoire, comme ses concurrents régionaux, exporte la majorité de sa production vers les pays asiatiques. En effet, l’Inde et le Vietnam importent la noix brute pour ensuite la transformer, c’est-à-dire la décortiquer puis la réexporter comme produits prêts à consommer.

C’est sous la forme décortiquée que la noix de cajou est consommée, principalement sous forme de « snacks » pour l’apéritif ou lors de fêtes. Les marchés traditionnels sont les Etats-Unis, l’Union Européenne et l’Australie qui sont de grands consommateurs de noix de cajou sans coques. On voit aussi l’apparition de marchés émergents comme la Russie ou le Japon par exemple.

Entre 2008 et 2012 les importations mondiales en valeur de noix de cajou sans coques ont augmenté de 9% par an. Elles sont passées de 1,9 milliards de dollars en 2008 à 2,5 milliards de dollars en 2012. Les principaux fournisseurs de noix de cajou décortiquées sont l’Inde, le Vietnam et le Brésil. Les pays de la CEDEAO n’exportent que très peu de noix de cajou sans coques, moins de 2% des exportations mondiales.

A l’heure actuelle seule 10% de la production de la Côte d’Ivoire est transformée car les acteurs de la filière cajou manquent d’équipements techniques et technologiques de pointe pour décortiquer les noix et être compétitifs vis-à-vis des pays asiatiques et du Brésil. Les acteurs manquent d’informations sur les spécificités des marchés d’importations. La noix de cajou exportée actuellement par la Côte d’Ivoire n’a pas de valeur ajoutée.

Afin de diversifier ses marchés, la Côte d’Ivoire pourrait dans un premier temps améliorer la qualité de ses noix de cajou. Il est nécessaire pour les exportateurs ivoiriens de se conformer aux normes rigoureuses concernant la qualité du produit. Une utilisation des variétés améliorées permettrait d’obtenir de meilleurs rendements et ainsi de rattraper le niveau des autres pays producteurs comme l’Inde. Le renforcement des capacités de transformation devrait être une priorité afin d’augmenter la part de noix de cajou décortiquée dans les exportations ivoiriennes et ainsi capturer une plus grande part de la valeur ajoutée.