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ÉVALUATION DU POTENTIEL À L’EXPORTATION DU CAOUTCHOUC CÔTE D’IVOIRE - 2013

lundi 25 novembre 2013 , par Ministère du Commerce

L’exportation de caoutchouc et d’ouvrages en caoutchouc représentait environ 10% des exportations totales ivoiriennes en valeur en 2012 et occupait le 3ème rang dans les secteurs d’exportation, derrière le cacao (47%) et le pétrole brut (35%). La Côte d’Ivoire est le plus grand exportateur de caoutchouc en Afrique. La filière caoutchouc est l’une des filières exportatrices les plus dynamique de la Côte d’Ivoire avec un forte croissance de ses exportations en valeur (23% par an sur la période 2008- 2012) qui a su bénéficier de la hausse des cours mondiaux car ses exportations en quantité ont seulement progressé de 7% par an.

Le secteur du caoutchouc est donc une filière porteuse pour favoriser le développement économique du pays. L’hévéaculture pratiquée dans la partie Sud du pays s’étend de plus en plus dans les zones Centre et Est et cela au détriment du café et du cacao. La récolte de caoutchouc peut s’effectuer tout au long de l’année synonyme de revenu monétaire stable. Il est important de mentionner que la filière concerne directement ou indirectement 3.5 millions de personnes. La culture du caoutchouc est une activité à très forte intensité de main-d’œuvre, avec notamment des besoins de main-d’œuvre stable semi-qualifiée avec des spécialistes du greffage et de la saignée.

La production de caoutchouc naturel en CIV est passée de 120 mille tonnes en 2002 à près de 250 mille tonnes en 2012, soit une croissance annuelle de 7,6%. La Côte d’Ivoire a retrouvé son niveau de rendement passé et en même temps dépassé celui de la Thaïlande, le premier producteur et exportateur au niveau mondial, pour atteindre 1,715 tonne/ha en 2011.

La production villageoise est la source de l’augmentation de la production ivoirienne au cours des deux dernières décennies la production villageoise de caoutchouc naturel, qui reposait sur l’activité de 120 000 planteurs en 2012, a atteint le même niveau de production que la production industrielle en 2006 et représentait les 2/3 de la production totale de caoutchouc en 2010. La production industrielle a quant à elle diminué entre 2005 et 2010. La crise politique a dû avoir un effet négatif sur la productivité des plantations industrielles qui compte actuellement 6 unités.
Au niveau du marché mondial, l’offre de caoutchouc naturel est relativement limitée car le marché mondial comptait seulement 29 pays producteurs en 2012. La production mondiale de caoutchouc naturel est concentrée en Asie qui représente plus de 90% de la production mondiale, suivie de l’Afrique (4,4%) et de l’Amérique (2,3%). La production mondiale est passée de 8 millions de tonnes en 2002 à 11,3 millions de tonnes en 2012 (croissance de 3,5% par an). En revanche, sur la même période la demande mondiale a très fortement augmenté avec une croissance annuelle moyenne des importations mondiale de 19,4%.

La demande mondiale en caoutchouc naturel est principalement tirée par les pays asiatiques dont la consommation a pratiquement doublé en 10 ans. La Chine est le premier pays consommateur avec environ 4 millions de tonnes, soit près de 35% de la consommation mondiale en 2012, et le pays avec la plus forte croissance avec 10,6% par an. L’Union Européenne (EU-28) occupe la deuxième position (9,7%) suivi par l’Inde (9%), les Etats-Unis (8,6%) et le Japon (6,7%). Il est important de noter que la consommation de l’Union Européenne (EU-28) en caoutchouc naturel a baissé de 1% par an sur la période 2002 à 2012 alors que l’Indonésie a augmenté sa consommation de 12,9% par an.

D’un point de vue plus général sur l’ensemble des produits en caoutchouc, la demande mondiale pour l’ensemble des produits finis tels que les pneumatiques, les courroies, tubes et tuyaux en caoutchouc a été forte au cours des cinq dernières années. Par ailleurs, les techniques médicales et l’hygiène se développant avec la croissance des pays émergents, les importations de gants en latex s’inscrit en hausse de 15% par an et le marché du préservatif est sur la même tendance. Ce sont des relais de croissance de produits à forte valeur ajoutée qui contribuent à l’augmentation de la demande mondiale de matière première, le caoutchouc naturel.
La maladie sud-américaine des feuilles de l’hévéa provoqué par le champignon microcyclus euli fait peser une menace potentielle sur la production mondiale. En cas d’introduction accidentelle dans les zones de production actuelles, en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Ouest, les plantations d’hévéas, qui sont constituées de variétés totalement sensibles, disparaîtraient rapidement. Les dernières recherches scientifiques ont permis d’identifier des espèces résistantes au champignon. Il est important de rappeler qu’un hévéa nouvellement planté met entre sept et huit ans avant de produire.

La hausse des cours et les menaces liés au champignon ont fait naitre un nouvel intérêt sur les plantes à caoutchouc autres que l’hévéa. L’Union européenne finance ainsi un projet de recherche sur le guayule et le pissenlit russe en Méditerranée, dont les résultats prometteurs laissent désormais entrevoir une possible nouvelle industrie concurrente à l’hévéaculture.

Malgré la chute des cours de bourse du caoutchouc naturel depuis Février 2011, il semblerait que la tendance à long terme serait à la hausse de par la corrélation avec le cours du pétrole, via le caoutchouc synthétique interposé. Ainsi, lorsque les prix du pétrole augmentent, la demande pour le caoutchouc naturel augmente.

Fondamentalement, les cours du caoutchouc semblent donc dans une tendance haussière à long terme. Une étude prospective devrait cependant être envisagée afin d’établir l’impact des campagnes de plantations de nouvelles cultures d’hévéas à l’échelle mondiale sur l’augmentation des capacités productives mondiales et par conséquent sur le cours mondiaux.

Le caoutchouc est une des cultures les plus rentables en Côte d’Ivoire, cette situation étant favorisée par des prix attractifs et des conditions agroclimatiques idéales. L’industrie du caoutchouc devrait devenir un des principaux moteurs de la croissance et de la création d’emplois en milieu rural au cours de la prochaine décennie. L’APROMAC s’est fixé l’objectif ambitieux de tripler la production durant les 10 prochaines années, en la portant à 600 000 tonnes d’ici à 2020.