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ÉVALUATION DU POTENTIEL À L’EXPORTATION DU COTON ET TEXTILES CÔTE D’IVOIRE - 2013

lundi 25 novembre 2013 , par Ministère du Commerce

L’industrie du coton est un secteur contribuant à la croissance économique de certains pays africains, notamment de pays appartenant à la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Bien que le continent soit un acteur modeste à l’échelle internationale, le coton fait partie des produits les plus exportés par certains pays tels que le Bénin, le Mali, le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire.

Cependant, l’industrie cotonnière en Afrique subit des difficultés : la production dépend de conditions climatiques strictes, et fait face à des fluctuations de prix importantes. De plus, la concurrence de grands pays producteurs réduit le pouvoir de négociation de prix des pays africains sur les marchés importateurs asiatiques. Les subventions à la production accordées à la Chine et aux Etats-Unis distordent le prix international de la fibre de coton, ce qui met les pays africains davantage en difficulté. A cela, s’ajoute le problème de la réputation du coton africain, considéré comme contaminé : à qualité égale, le coton des Etats-Unis se vend mieux.

La coopération technique et le transfert des connaissances entre les producteurs de la sous-région serait donc un atout dans cette compétition mondiale afin d’approvisionner de façon plus stable l’Asie. Des efforts tout au long de la chaîne de production sont nécessaires pour offrir un coton de qualité supérieure et obtenir de meilleurs prix sur les marchés. De nouvelles variétés de coton qui résistent à différentes conditions climatiques et maladies existent. Aussi, la valorisation du coton africain sur les marchés asiatiques passe par des liens plus directs entre les égreneurs des pays d’Afrique et leurs clients, à savoir les usines de filatures asiatiques.

La filière du coton-textile comporte différentes étapes de transformation : le coton-graine est récolté et les graines sont séparées de la fibre au cours de l’égrenage. Le coton-fibre est ensuite transformé en fil dans les usines de filature. Le fil peut ensuite être soit tissé, soit tricoté. Enfin des vêtements et autres textiles sont confectionnés à partir des tissus. Ces procédés de transformation, à partir du filage, nécessitent d’importantes ressources humaines et financières. La majorité des usines de transformation de la fibre de coton sont localisées en Asie et aux Etats-Unis. En revanche, la capacité de production textile en Afrique a diminué au cours des 10 dernières années. L’industrie textile africaine manque de compétitivité technologique. En fait, les capacités installées de filature et de tissage ont diminué en raison de la fermeture de grandes usines textiles composites au Nigeria et en Afrique du Sud. La capacité de la filature en Afrique a diminué de 7,8 millions de broches en 1996 à 5,3 millions en 2010.3 La filature, le tissage et la confection textile peuvent parfois être verticalement intégrés et présents dans le même pays ou la même région.

La CEDEAO exporte majoritairement du coton et assez peu de textiles. La filature étant une industrie fortement capitalistique, assez peu de pays africains se sont spécialisés dans ce domaine, qui reste localisé en Chine, Inde, Pakistan et Turquie. La CEDEAO qui a une part de marché non négligeable dans les exportations mondiales de coton, contribue seulement à 0,5% des exportations de sacs d’emballage et 0,3% des exportations de tissus de coton. La région contribue très faiblement aux exportations de tissus imprégnés à l’échelle internationale. La Côte d’ivoire fait partie des premiers exportateurs de textiles de la région.

A continuation, la fiche analytique porte donc sur le coton (chapitre 1) et les produits textiles (chapitre 2). L’analyse cherche à aider les acteurs de ces deux secteurs en donnant un aperçu d’un côté du développement récent du commerce mondiale et régional, et de l’autre côté des performances de la Côte d’Ivoire et des perspectives de diversification de marchés. L’enquête du Centre du Commerce International sur les Mesures-non-Tarifaires en 20124 en Côte d’Ivoire permet aussi de mieux comprendre les contraintes au commerce qui entravent le développement des exportations du coton et les perspectives de développement des capacités des entreprises exportatrices de produits textiles.