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Durabilité de la filière coton africaine : Cap sur de nouvelles variétés

mercredi 19 mars 2014 , par Ministère du Commerce

Les jalons d’une filière cotonnière plus compétitive sur le marché mondial est désormais en marche. C’est ce qui ressort des 12èmes journées de l’Association Cotonnière Africaine (ACA), qui ont réuni plus de 200 experts venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des Amériques, les 13 et 14 mars 2014, à Yamoussoukro.

Après un diagnostic qui a mis en exergue les effets du changement climatique qui se manifestent par l’augmentation de la température, la baisse et l’irrégularité de la pluviométrie, la dégradation des sols et la dégradation de la qualité du coton, les participants ont jeté les bases d’une économie cotonnière durable.

Comme solutions, les experts ont préconisé une synergie d’action régionale dans la sensibilisation des gouvernants et des populations sur les changements climatiques et leurs conséquences, un suivi des données climatiques et météorologiques, ainsi que la mise en place de variétés adaptées et la réadaptation des itinéraires techniques.

Intervenant sur l’impact du changement climatique sur la production cotonnière ivoirienne, Yao N’Guettia Réné, enseignant chercheur à l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a expliqué les effets climatiques sur cette culture en Côte d’voire. Il a rappelé que de 1950 à 2010, l’insolation a augmenté dans le sud forestier de la Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan et Gagnoa, avec plus de 1900 heures/an depuis 1964. A Korhogo, elle serait plus élevée avec 2657 heures/an.

"L’analyse des données pluviométriques confirme que la pluviométrie moyenne annuelle décroît du Sud au Nord, en passant en 2010, de 1800 mm à Abidjan au Sud, à 1050 mm à Bondoukou, dans le Nord-Est", a-t-il relaté.

Changement climatique
Ajoutant que le cotonnier demande 600 à 800 mm d’eau pour la durée de son cycle végétatif, et ses besoins sont plus élevés entre le début de la floraison et l’ouverture des capsules. "Dès que les capsules arrivent à maturité, il faut une période sèche aussi parfaite que possible", a affirmé l’expert.

Une situation qui n’est pas évidente avec le phénomène de changement climatique. Et cela n’est pas sans conséquence sur la culture du coton avec le retard de semis et la baisse des surfaces semées. A cela s’ajoutent une forte consommation de semence, une faible densité de plants enregistrée à l’hectare, et la réduction de la réserve utilisable dans les sols dégradés, gravillonaires ou sableux, des difficultés d’égrenage du coton graine mouillé par des pluies notamment précoces, entraînant des incendies fréquents dans les usines.

C’est pourquoi des axes stratégiques d’adaptation et d’atténuation aux changements climatiques ont été définis. Il s’agit de l’adaptation des périodes des calendriers culturaux en fonction des saisons pluvieuses, l’utilisation de fertilisants chimiques, de composts et de fumier pour accroitre les rendements, la mise en place de système de prévisions météorologiques à l’endroit des producteurs, des mesures d’atténuation dans les zones de production cotonnière et la lutte contre l’érosion des sols.

Pour sa part, Ehouman Anderson, chargé du programme coton au Fonds lnterprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricole (FIRCA), a expliqué l’importance du coton dans l’économie ivoirienne. Il a fait savoir que cette matière première représente 5 à 10% des exportations du pays, et environ 120 milliards de FCFA de chiffres d’affaires dont 70 à 80% en devises. Ajoutant que 3,5 million de personnes gravitent autour de cette activité.

A en croire cet expert, la production cotonnière ivoirienne est passée de 60.000 tonnes environ, en 1974-1975, à près de 352.000 tonnes en 2012-2013, avec une pic de production de 400.000 tonnes au cours de la campagne 1999-2000.

Au terme de ces journées, l’Assemblée GénéraIe a vu l’élection de Mahieklin Ali Mohamed Abdala du Soudan comme nouveau Président de l’Association Cotoninère Africaine. Un nouveau bureau du Comité de Direction a également été mis en place sur la période 2014-2016.